Toux-Long: Toulon
Je suis arrivé par le train de 00h20 en cette nuit chaude encore, le quai de la gare de Toulon était alors désert. L'air brulant mes narines encore habituées à des températures fraiches, nous avons traversé les quelques avenues menant jusqu'au domicile.
Le sommeil me poursuit mais ne veut pas venir, la chaleur m'étouffe, je n'ai plus l'habitude. Ce n'est qu'au petit matin que je me suis éveillé dans cet "autre-monde": le sud de la France: un endroit si hostile pour un regard Normand. Les tuiles édulcorées et les murs couleur pastel des habitations m'éclatent au visage, décidément c'est vraiment trop superficiel pour moi.
Les gens dans la rue friment, je dirai même que c'est une gloire locale que de se montrer bronzé comme un bout de bois, la peau fletrie par tant de soleil accumulé et les lunettes de soleil violettes scintillantes pour séduire les petites jeunes filles, le jean remonté jusque dans les plus petits recoins de l'entre jambe... Quelle vulgarité! Celles-ci portent des lunettes façon Brigitte Bardot, un peu rétro tout de même et celles-là essaient de capter le regard des jeunes frimeurs dans leur vieille voiture traficotée jusqu'au moindre petit boulon. Et ça appuie sur l'accelérateur. Inutile de préciser que les piétons n'existent pas dans ce genre de villes, nous ne sommes que des "pions" dégommables au simple coup de frein parce que nous avons osé traverser un passage piéton alors que le petit "bonhomme" était vert, pourtant, en vain.
Dans les supermarchés, les caissières ne disent pas bonjour non plus, ça peut paraître étrange mais c'est vérifié à plusieurs endroits, ni aurevoir, ni merci d'ailleurs... ça doit faire parti de la gloire locale aussi. Je comprends toutefois leur défaut de politesse, quand tant de touristes s'en vont et viennent en vous pillant de toutes ressources et de gentillesse, mais tout de même, un p'tit sourire n'a jamais fait de mal à personne.
Les gens ne sont pas non plus très discrets, derrière moi en attendant pour payer mes articles, une "sudiste" en tongs et jupe fleurie s'exprime au téléphone en précisant plein de détails dont le moindre passant se fiche éperdumment, l'odeur qu'elle émane n'est pas à négliger non plus, c'est peut être la chaleur, passons.
Décidément, aucun coin d'ombre ne saurait me satisfaire au milieu des HLM centrevillisés de la côte d'Azur, enfin ce qu'il en reste... La chaleur y est étouffante et l'ambiance vraiment malsaine. Réfugions-nous sur un bateau-touristes pour y trouver la fraicheur, en regardant les bateaux de la Marine qui nous coûtent tant d'argent, merci les Impôts...
Petit séjour qui se terminera bientôt: en prenant le train, je dérange visiblement un jeune voyageur avachi sur son siège, bronzé de toutes parts qui était en train de faire sa sieste. Je lui propose de ne pas me mettre à ma place pour éviter de le déranger dans sa léthargie profonde. C'est qu'en plus il acquiesce et s'en va s'allonger sur les deux siège sen ouvrant vulgairement la bouche tout en dormant. Décidément... Je ne ferai aucun commentaire...
Heureusement durant ce séjour, je n'étais pas seul, du moins pendant une partie et c'est justement la seule consolation. Merci à cet homme qui sait partager ma vie même quand ce n'est pas toujours évident.
En tout cas la prochaine destination sera la Bretagne, ouf, enfin de la fraicheur !! Je n'en puis plus, sauvez-moi ! :D