
Vendredi 5 Janvier 2007,
Mes cours s'étalent à l'infini sur cette petite table pliante.
J'ai rangé dans mes souvenirs les petites déceptions amoureuses de ces derniers mois. Tout devrait aller pour le mieux et pourtant... pourtant...
Je ne sais ce qui me prend tous les soirs, comme une étrange habitude, déception éternelle, un goût amer sorti tout droit du néant abyssal où ma vie semble s'y engouffrer.
Alors, je reste là, les yeux grands ouverts, la bouche muette, et le coeur gros... me demandant ce que j'ai fait au bon dieu pour me poser autant de questions sur la vie, la mort, le monde, les gens, la solitude, le désespoir, le vide, le néant...
Je me surprend à chercher d'autres yeux, pour oublier que je n'ai pas su aimer, à chercher jusqu'au ridicule, jusqu'a l'épuisement total, sur des pages Internet, les visages déconfits de types qui n'ont qu'un p'tit string craqué dans la tête. Faut croire que ça fait vendre.
Je crois aux sentiments.
C'est stupide, puérile, enfantin de croire ça en l'an 2007. Les sentiments ? Pfff, vous me direz, ça fait belle lurette qu'on n'en entend plus parler. Aujourd'hui, comme toujours, tout n'est qu'illusions, amourettes sauvages, lassitude certaine... On aime plus vraiment, on consomme, ça nous colle mieux à la peau et ça suit les préceptes dictés de notre société de consommation.
Alors que faudrait il pour faire renaître en nous cet amour naturel, détaché de toute réalité physique, ou simplement sexuelle ? Que faudrait-il pour être nous-mêmes ?
Je citerai pour finir un passage du Petit Prince de Saint Exupéry que je trouve remarquable et qui suit la continuité de mon discours :
Le Petit Prince parlant de sa rose aux autres roses rencontrées sur Terre :
"Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule, elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose."
A méditer ...
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