Paris au mois de Juillet:
Une foule qui n'en finit plus, sur les trottoirs noirs de monde. Des embouteillages dont on ne voit plus le bout sur les quais de la Seine. Autant de monde, compression ultime dans un métro grinçant de vieillesse, sourire toujours, assis sur un strapontin collé contre le petit lapin jaune "ne mets pas tes doigts dans les portes, tu risques de te faire pincer très fort". Je regarde ce petit lapin, j'essaie de ne pas penser à l'impensable, une panne, un attentat que sais-je encore qui me fasse à tout jamais bloqué au fin fond de l'étouffement dans un tunnel perdu sous des millions de tonnes de pierres et de monuments. Super!
Je prends mon courage à deux mains, je fixe le p'tit lapin en me disant que ce sera bientôt la sortie, de l'air enfin, enfin de l'air pollué mais de l'air.
Je sors le bout de ma truffe sur des touristes perdus dans la jungle parisienne qui demandent en vain leur chemin et ces beaux garçons qui par leur insolente beauté vous fusillent du coin de l'oeil pour vous faire culpabiliser avec leur lunettes à la Starsky et Hutch bleutées pour faire plus citadin: Génial, de mieux en mieux. Je marche toujours, je ne sais pas où je suis, ça devrait pourtant pas être compliqué... Quai du Louvre... Quai du Louvre... Je ne vois rien, à part la foule toujours.
Jardin des tuileries: des millions de gens profitent d'1m² de gazon plastifié superficiel et de fontaines essouflées, ils s'étalent à l'infini. L'Arc de Triomphe au bout qui ne me fait pas plus triompher que ça d'ailleurs, je suis perdu, super... J'appelle mon amie qui rigole et moi qui panique à moitié. Au secours !
Non, c'est bon, je longe un embouteillage, c'est que ça ne doit plus être très loin. Un feux, le petit bonhomme passe au vert, une vague, non que dis-je, un séisme de passants déferle sur la chaussée, je me perds dans leur anonymat. Décidément j'adore Paris au mois de Juillet, que c'est jouissif...
Je longe le Louvre, dans des ornements qui n'en finissent plus, commencent à me donner le tournis, des lions, des bateaux, des dieux olympiques qui tendent des tas de flammes et moi qui cherche la mienne, enfin mon chemin. Ah des grilles, de l'or surplombant ces fameuses grilles et je suis tout près d'arriver... Ah je la vois enfin ! Je suis sauvé, enfin presque...
Je ne suis pas encore rentré chez moi :D
C'est épique de traverser Paris en plein mois de Juillet, voyez-vous, ça peut être comique, enfin en ce qui me concerne, ça me fait plutôt paniquer quand même... Un campagnard comme moi que voulez-vous, on va pas refaire le monde, ou supprimer Paris de tous ses touristes et ses habitants pour moi... Et pourtant j'aimerais bien quand même, parfois, histoire de respirer un peu, oh pas beaucoup, juste un p'tit peu !
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